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17/04/2009

LE JOUR OU LEO FERRE M'A CRACHE DESSUS

Je devais avoir dix neuf, vingt ans et avec un couple d'amis nous avions pris des places pour assister à son récital à Châlon sur Saône, la ville voisine.
Nous attendions fébriles l'ouverture des portes, arrivés en avance nous avions pu choisir nos places.
Je ne sais pourquoi, des chaises avaient été rajoutées devant les fauteuils fixés au sol.
Heureux d'être aux premières loges, nous nous assimes sur celles-ci, nos genoux collés au devant de la scène, en plein milieu de la rangée.
Léo arrive, commence son tour de chant, magique, quand on aime...
Au fil des chansons, je voyais bien qu'il me fixait très souvent, mais, bon, je savais aussi que certains artistes ciblent souvent une ou deux personnes de leur public pendant leur prestation.
Soudain, la lumière se tamise, la musique se fait plus douce, Léo s'approche de moi et, son visage à vingt centimètres du mien, il me chante une chanson tendre.
A ce moment, l'éclairagiste n'a rien trouvé de mieux (bon, mais en fait c"est son boulot...) que de nous enfermer dans un spot de lumière.
J'étais complétement intimidée et émue face à ce grand artiste, je soutenais son regard, hypnotisée à ne pas me rappeller plus tard quelle chanson il m'avait dédié, quand soudain, je l'ai vu arriver sur moi.....
Le premier postillon, suivi de toute une mitraille qui étincellait sous les lumières du spot. Immobile comme un lapin pris dans les phares d'une voiture, je n'osait pas m'essuyer de peur de déclencher les éclats de rire de toute la salle, tellement j'avais l'impression, vu la fréquence que l'on ne voyait que cela.
J'ai subie, stoïque et impressionnée, l'avalanche de postillons de ce grand homme pendant une chanson douce, et cela reste un de mes meilleurs souvenirs de concert.
Conclusion : Je dois être bon public, il en faut peu pour me faire plaisir et je n'avais pas grand chose à raconter ce soir pour vous seriner avec de vieilles histoires.
Bonne nuit.



Les images de cette vidéo sont tirées de l'excellent film de Jim Jarmusch : Down By Law

Zack, Jack et Bob sont interprétés par Tom Waits, John Lurie et Roberto Benigni.


12/04/2009

MON CAMARADE

J'aime bien cette chanson écrite par Jean Roger Caussimon sur une musique de Léo Férré.
Tous deux l'ont chanté mais l'interprétation que je préfère est celle de Dominique A.
Bon dimanche.




Jean-Roger Caussimon
MON CAMARADE
Paroles: Jean-Roger Caussimon, musique: Léo Ferré


Je ne sais plus combien ça fait de mois
Qu'on s'est rencontrés, toi et moi
Mais depuis, tous deux, on se balade...
On ne prend jamais le vent debout
C'est lui qui pousse et on s'en fout
Mon camarade...
En avril, tous les prés sont verts
Ils sont tout blancs quand c'est l'hiver
En mars, ils sont en marmelade
Mais il y a pour deux vagabonds
Un coin d'étable où il fait bon
Mon camarade!

On se souviendra du balthazar
Qu'on a fait ce soir, par hasard
Avec un vieux corbeau malade...
On a tout mangé, même les os
Et tu vas roupiller bientôt
Mon camarade...
Voilà la première étoile qui luit
Les grenouilles, dans le fin fond de la nuit
En choeur, lui font une sérénade...
Les grenouilles ont des petits points d'or
Dans les yeux, tu le savais?... Tu dors
Mon camarade...

Je me demande, certains jours
Pourquoi nous poursuivons toujours
Cette éternelle promenade...
Oui, c'est parce qu'on n'a pas trouvé
Le bonheur qu'on avait rêvé...
Mon camarade...
Un jour, on sera tout ébahis
On arrivera dans un pays
Plein de fleurs, d'oiseaux, de cascades...
On sera reçus à bras ouverts
Y'aura des carillons dans l'air!
Mon camarade!

Y'aura une petite blonde pour moi
Et puis une petite brune pour toi
Qui trouves que les blondes c'est trop fade...
Elles nous trouveront bien à leur goût
Et diront: Venez donc chez nous!
Mon camarade...
On trouvera ça, mais oui, mon vieux!
C'est peut-être là-haut, dans les cieux
Dame, faudra pas rester en rade...
On a tant marché ici-bas
Qu'y'a pas de raison qu'on n'y arrive pas!
Mon camarade!